En octobre, Angers voit la vie en rose

Octobre s’apprête à tirer le rideau pour laisser entrer en scène son copain monsieur novembre.

Si ce dernier se laisse pousser la moustache au nom de la santé des hommes (« Movember« ), il se succède à la parure rose de ce mois qui s’achève.

Nénés, nichons, lolos, roberts, roploplos : octobre rose, j’en avais entendu parler et je savais déjà qu’il était question de prévention, de dépistage, d’accorder un soin particulier à nos seins pour faire barrage au grand vilain cancer.

Ni une ni deux, c’est un troupeau girly qui a décidé d’aller secouer sa poitrine pour la bonne cause. Les copines se motivent, petits ou gros bonnets, on ne se dégonfle pas.

Le rendez-vous est pris devant le théâtre « Le Quai » dimanche 15 octobre.

Au choix : rollers, marche, course et zumba, il en faut pour tout le monde.

Virement de 12€, plus moyen de faire machine arrière.

Mais pour l’occasion, chacun a le droit à son beau tee-shirt rose, même nos chers mâles venus également soutenir la cause de ces poitrines qu’ils affectionnent tant.

Le jour-même, l’heure est à la fête. Et le soleil nous encourage. Nous sommes cinq à avoir choisi de chausser nos baskets et de se réunir autour de notre amitié dans la joie et la bonne humeur.

La perche à selfie est de rigueur. Bien entendu on plaisante, on immortalise, on prend en photos nos jolis minois avant que l’effort nous fassent devenir plus rose bonbon que nos maillots.

En guise de première transpiration, c’est face à la scène que l’échauffement débute sur une musique entraînante.

(Courrier de l’Ouest)

Afin de lancer les festivités, une tyrolienne a été installée. Compatissantes, nous la regardons descendre avec grande difficulté du haut du théâtre.

Puis les coureurs du 10km sont appelés à se placer sur la ligne de départ.

Je ne suis pas une grande sportive. La vérité c’est que je n’aime pas l’effort, la souffrance et tout ce qui s’apparente de près ou de loin à une histoire de sudation.

Mais les mecs, j’ai sorti monsieur et madame tétons enveloppés de leur soutien-gorge de sport préféré (aussi confortable que tue-l ’amour). Hors de question de se dérober.

Je me suis fixée les 10km. Quitte à me torturer pour la bonne cause, autant qu’il y ait au moins un bénéfice sur ma culotte de cheval ! Mes panthères roses préférées font le choix des 5km.

A la guerre comme à la guerre, je serai seule. On se retrouvera à la fin de la course, si je suis encore en vie.

Ecouteurs dans les oreilles, la musique m’euphorise. J’ai l’impression d’être l’héroïne d’un film, courant tout droit vers sa destinée, conquérante, gracieuse et déterminée.

Au bout d’un quart d’heure, j’ai un point de côté.

Une demi-heure plus tard, je ressemble à un animal aux portes de l’abattoir.

Trois-quarts d’heure après, sous un soleil de plomb, ma vie défile dans ma tête, je sens des parties de mon corps que je croyais inexistantes et je regrette de ne pas avoir évoqué mes dernières volontés à mon entourage.

Une heure est passée. J’atteins miraculeusement la ligne d’arrivée.

Mes enfants se sont déplacés pour encourager leur vaillante maman au bord de la syncope. Ils s’approchent de moi pour m’enlacer mais il faut absolument que je leur épargne l’insoutenable.

Je suis une kryptonite ruisselante.

Et j’ai soif, très soif. Mon être entier réclame sa réhydratation.

La roulotte des thés Lagosta est installée en fin de course et distribue du thé gracieusement à tous les courageux sportifs. Délivrance, miracle, exaltation.

Calamité.

Mes prédécesseurs, ravis du délice qui leur était offert ont englouti les derniers litres du délicieux élixir sans m’en laisser une goutte.

Pire encore, je ne peux me servir que d’un ou deux verres d’eau, les bouteilles ayant été prises d’assaut par quelques petits malins qui ont décidé de ne pas se satisfaire uniquement de leur breuvage.

Mais les copines, arrivées avant moi, ont pitié du bœuf desséché que je suis devenue et se dévouent pour me désaltérer.

Je croque un bout de brioche, je retrouve mon amoureux, mon papa joggeur de choc, ma cousine en rollers et mon chien surexcité de voir passer 12000 mollets à croquer.

Je suis vidée de toute mon énergie, mais armée d’une fierté sans égale.

Bustes relevés et poitrines saillantes, les panthères cramoisies ont relevé leur défi du jour.

Impression d’avoir assaini notre corps, de prétendre désormais à une silhouette de magazine, c’est naturellement que nous nous dirigeons tout droit… vers le fast-food le plus proche !

Qu’importent les calories et les courbatures à venir, nul doute que ce matin-là, octobre et la ville d’Angers nous ont fait voir la vie en rose.

Lucie

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